Santé

La LAS, mode d'emploi : mener une licence et une mineure santé de front

Luigi 18/09/2026 14:33 7 min de lecture
La LAS, mode d'emploi : mener une licence et une mineure santé de front

La Licence accès santé traîne une réputation de voie secondaire, empruntée par ceux qui n'auraient pas obtenu de place ailleurs. C'est un contresens. La LAS est une voie d'accès à part entière aux filières de santé, avec ses propres places réservées.

En revanche, elle pose un problème d'organisation que la voie spécifique ne pose pas : il faut mener deux exigences de front, avec deux calendriers différents. Voici comment cela fonctionne concrètement.

Comment fonctionne une LAS

Une LAS est d'abord une licence universitaire classique. L'étudiant suit une majeure disciplinaire — droit, psychologie, STAPS, sciences de la vie, mathématiques, physique-chimie, sciences pour l'ingénieur ou philosophie selon les universités — à laquelle s'ajoute une option santé obligatoire.

Cette mineure santé est le sésame : c'est elle qui ouvre la candidature aux filières médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie. Elle représente une charge supplémentaire, greffée sur une licence qui a déjà son propre volume.

L'admission en LAS passe par Parcoursup, sur dossier, dans la limite des places ouvertes dans chaque licence.

L'accompagnement se réfléchit dès l'inscription plutôt qu'en cours d'année, car c'est l'organisation des premières semaines qui détermine la suite. À Besançon, la prépa LAS de Bersot Formation fonctionne ainsi en parallèle des cours de l'Université de Franche-Comté, sur les deux volets qui posent problème aux étudiants : l'ensemble des matières de l'option santé, et la préparation à l'épreuve orale. Le tutorat étudiant et les groupes de travail jouent le même rôle et ne s'excluent pas d'un accompagnement extérieur.

La vraie difficulté : deux calendriers qui ne se parlent pas

C'est la spécificité de la LAS, et elle surprend presque tous les étudiants la première année.

La licence a ses partiels, ses travaux dirigés, ses rendus. La mineure santé a ses propres échéances. Les deux calendriers sont fixés indépendamment l'un de l'autre, et rien ne garantit qu'ils s'articulent bien.

Résultat : des semaines où tout tombe en même temps, et d'autres nettement plus calmes. Un étudiant qui travaille au fil de l'eau, sans anticiper ces pics, se retrouve régulièrement à sacrifier l'un des deux volets. Et c'est presque toujours la santé qui saute en premier, parce que ses échéances paraissent plus lointaines.

Le premier réflexe utile est donc mécanique : reporter les deux calendriers sur un même planning, dès la rentrée, et identifier les semaines de collision avant qu'elles n'arrivent.

La mineure santé se travaille souvent seul

Deuxième différence de fond avec la voie spécifique : le volume d'encadrement.

En LAS, les enseignements de santé sont fréquemment dispensés en autonomie, en ligne ou en cours magistraux peu nombreux, sans le cadre serré dont bénéficient les étudiants de la voie spécifique. L'étudiant doit organiser lui-même sa progression sur une matière exigeante, dont il ne mesure pas toujours le niveau d'attente.

Deux conséquences pratiques.

Il faut se fixer des échéances personnelles sur la mineure, faute d'échéances imposées. Un chapitre par semaine, vérifié par des QCM, vaut mieux qu'un rattrapage massif avant les épreuves.

Il faut se tester tôt sur le format réel de l'évaluation. Beaucoup d'étudiants découvrent la nature des questions au moment de l'examen, ce qui est le pire moment pour la découvrir.

L'épreuve orale, découverte trop tard

L'accès aux filières de santé depuis une LAS comporte une épreuve orale. C'est l'élément le plus souvent négligé de la préparation.

L'oral n'évalue pas seulement des connaissances. Il évalue la clarté de l'exposé, la structure du raisonnement et la capacité à tenir face aux questions du jury. Ces compétences ne se travaillent pas en révisant : elles se travaillent en s'exerçant à parler, devant quelqu'un, plusieurs fois.

Un étudiant qui découvre l'exercice le jour de l'épreuve perd des points qu'il aurait pu sécuriser avec quelques simulations.

Le choix de la licence engage plus qu'on ne croit

C'est le point à trancher avant même de formuler ses vœux.

La majeure disciplinaire n'est pas un simple support administratif pour accéder à la santé. C'est la licence dans laquelle l'étudiant continuera s'il n'est pas admis en filière médicale — pendant deux années supplémentaires, éventuellement jusqu'au master.

Choisir une licence uniquement parce qu'elle donne accès à une mineure santé, ou parce qu'elle paraît moins chargée, revient à parier sur une admission qui n'est pas garantie. La bonne question à se poser est simple : si je ne suis pas admis en santé, est-ce que ce parcours me convient pour lui-même ?

Organiser sa semaine : trois règles simples

Bloquer des créneaux fixes pour la mineure santé, non négociables, y compris pendant les semaines chargées en licence. Sans créneau réservé, elle passe systématiquement après.

Traiter les cours de santé le jour même ou le lendemain. Le rattrapage différé coûte plusieurs fois plus de temps que la reprise immédiate.

Prévoir de la marge. Un planning calibré au maximum s'effondre au premier imprévu. Un planning calibré à 70 % absorbe une semaine difficile sans perdre le fil.

La seconde chance existe, mais elle se prépare

Ni la première année de LAS, ni la voie spécifique ne peuvent être redoublées. En revanche, un étudiant non admis peut candidater à nouveau en deuxième ou troisième année de licence.

Cette seconde tentative implique de reprendre l'ensemble des matières de l'option santé et de repasser l'épreuve orale, tout en menant son année de licence à un niveau plus exigeant qu'en première année. Elle se prépare donc, elle ne s'improvise pas.

À retenir

La LAS n'est pas une voie plus facile. Elle est plus dispersée, et c'est précisément ce qui la rend difficile.

L'étudiant qui s'en sort n'est pas nécessairement le plus travailleur, mais celui qui a compris tôt qu'il pilotait deux parcours simultanés — et qui a organisé son année en conséquence, dès septembre, plutôt qu'en réaction aux premières mauvaises notes.

← Voir tous les articles Santé